S’il y a bien un vêtement qui doit inspirer une confiance absolue en montagne, c’est la veste de protection (la fameuse « Hardshell »). J’ai emporté avec moi la Millet Kamet GTX lors d’une semaine de randonnée intensive à Font-Romeu. Entre chutes de neige, pluie glaciale et vent d’altitude, les conditions étaient idéales pour pousser cette veste dans ses derniers retranchements.
Est-elle l’investissement indispensable pour les randonneurs exigeants ? Voici mon test et avis sur la Millet Kamet GTX.
Fiche Technique : La Kamet GTX au scanner
| Caractéristique | Détails Millet Kamet GTX |
| Membrane | Gore-Tex 3 couches (3L) |
| Imperméabilité | 28 000 mm |
| Respirabilité | RET < 20m².Pa/W |
| Poids | Env. 480g |
| Coupe | Active Fit (ergonomique) |
| Usage | Randonnée, Alpinisme, Ski de rando |
Construction : Une armure en Gore-Tex 3 Couches
L’étanchéité absolue sous la neige et la pluie
Lors de mes sorties à Font-Romeu, j’ai été frappé par l’efficacité de la membrane Gore-Tex 3 couches. Contrairement aux vestes 2 couches plus urbaines, ici la membrane est prise en sandwich entre deux tissus techniques, ce qui booste la durabilité et l’efficacité.
Sous une pluie battante ou lors de longues marches dans la neige, l’eau perle littéralement sur le tissu sans jamais s’infiltrer. C’est un sentiment de sécurité indispensable quand le mercure chute.
D’un point de vu technique, la membrane est annoncée à 28.000mm ce qui est à mon sens et d’après mon expérience largement suffissant pour rester au sec même après une longue journée de randonnée sous la pluie.
Respirabilité et ventilations : Gérer l’effort en montée
La randonnée en hiver est un exercice d’équilibriste : il faut rester protégé du froid sans finir trempé de sueur à l’intérieur. Avec un RET inférieur à 20 (RET < 20m².Pa/W), la Kamet GTX évacue bien l’humidité. Mais le vrai « plus » en montée, ce sont les larges zips de ventilation sous les bras. Je les ai utilisés systématiquement lors des dénivelés positifs pour réguler ma température sans avoir à retirer la veste.
Cette ouverture est un grand classique des vestes Hardshell haut de gamme et cela serait clairement une erreur de ne pas le proposer!
Ergonomie et confort : Pensée pour le mouvement
Une coupe « Active Fit » qui ne vous entrave pas
J’ai particulièrement apprécié la coupe ajustée mais ergonomique de Millet. Que ce soit pour enfiler mon sac à dos ou utiliser des bâtons de marche, la veste accompagne parfaitement les mouvements. Le bas de la veste et les poignets sont ajustables, ce qui permet de « verrouiller » la chaleur à l’intérieur lorsque le vent souffle fort sur les crêtes catalanes.
Pour ma part, je portais la veste avec un t-shirt technique et une polaire relativement épaisse. Je pensais être un peu serré dans ma taille habituelle mais ce ne fut pas le cas. Si par contre vous souhaitez porter une doudoune sous la veste en cas de grand froid, il faudra sans doute commander une taille supérieure.
Attention, la veste dispose de 2 grandes poches mais je les trouve légèrement haute. En revanche, elle me permettait sans difficulté d’y ranger mes gants par exemple.
La capuche : Une protection totale
La capuche est ajustable et compatible avec un casque, mais pour la randonnée, elle offre surtout une visière protectrice qui garde le visage à l’abri des bourrasques de neige ou de pluie. Une fois bien serrée, elle suit les mouvements de la tête, ce qui évite d’avoir la vue obstruée lors des changements de direction.
Je n’ai pas grand chose à redire sur la capuche, elle s’avère bien pensée et bien conçue!
Retour terrain, Imperméabilité : Une barrière infranchissable à Font-Romeu
Gore-Tex 3L : Le test de la réalité
Lors de ma semaine à Font-Romeu, j’ai été confronté à un cocktail météo redoutable : des chutes de neige lourdes le matin suivies d’une pluie glaciale et pénétrante l’après-midi (et un peu de soleil de temps en temps!).
C’est ici que la membrane Gore-Tex 3 couches de la Kamet GTX montre toute sa supériorité. Contrairement à des vestes plus légères qui finissent par « boire » l’eau après deux heures d’exposition, j’ai pu constater que l’humidité ne traverse jamais.
J’ai même été agréablement surpris par la gestion de la neige. En effet, la neige a tendance à rester plus longtemps sur la membrane et à ne pas glisser vers le bas. Malgré cela, l’humidité ne traversait pas la membrane.
Le tissu extérieur reste parfaitement déperlant et l’intérieur est resté sec, même au niveau des épaules là où la pression du sac à dos est la plus forte.
Pour moi, c’est tout simplement un grand oui pour l’imperméabilité de la Kamet. En même temps, connaissant les produits Millet, le contraire m’aura surpris!
Des finitions qui font la différence
Mon avis est tranché : l’imperméabilité ne serait rien sans des finitions impeccables. Les zips de la Kamet GTX sont entièrement étanchés et le rabat de protection au niveau du menton est très bien pensé (c’est même très agréable de pouvoir remonter très haut le col et de se protéger au maximum).
J’ai marché plusieurs heures sous une pluie mêlée de neige sans ressentir la moindre infiltration. C’est une veste qui donne un sentiment de sécurité absolue ; on sait qu’on peut rester dehors toute la journée, peu importe ce qui tombe du ciel.
Respirabilité : Gérer la surchauffe en plein effort
Éviter l’effet « sauna » en montée
C’est souvent le point faible des vestes ultra-protectrices : on finit trempé de l’intérieur à cause de la condensation. Pendant mes ascensions avec pas mal de dénivelé, j’ai mis la respirabilité de la Kamet GTX à rude épreuve.
Le verdict ? Elle s’en sort remarquablement bien pour une Harshell. Le tissu Gore-Tex laisse s’échapper la vapeur d’eau de manière efficace, mais c’est surtout l’utilisation combinée des larges ventilations sous les bras qui a sauvé mes sorties.
En revanche, il vous faudra bien gérer votre tenue sous la veste et ne pas hésitez à vous découvrir si le soleil pointe son nez. Bien que la respirabilité soit intéressante, elle ne fait pas de miracle non plus!
Mon ressenti sur la régulation thermique
J’ai particulièrement apprécié de pouvoir moduler l’ouverture de ces zips latéraux en fonction de l’intensité de ma marche. En plein vent sur les crêtes, je fermais tout pour garder la chaleur, mais dès que le chemin devenait plus raide, l’ouverture permettait un flux d’air immédiat sans avoir à ouvrir le zip central (ce qui m’aurait exposé au froid).
Pour une veste aussi robuste et protectrice, la capacité de transfert d’humidité est impressionnante : à la fin de mes randonnées, ma couche intermédiaire (polaire) était quasi sèche.
En revanche, je n’ai pas réussi à gérer la transpiration dans le dos dès que je portais un sac. Je pense que j’étais un peu trop couvert!
Verdict : Points Forts et Points Faibles après 1 semaine de test en montagne
Points Forts :
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Protection infaillible : Une barrière totale contre la neige, le vent et la pluie.
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Robustesse : Le tissu est résistant à l’abrasion (frottements du sac à dos, branches).
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Polyvalence : Aussi à l’aise en randonnée hivernale qu’en alpinisme estival.
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Look Millet : Un design technique et épuré (mention spéciale pour le coloris orange, très sécurisant pour la visibilité).
Points Faibles :
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Rigidité : Comme toute hardshell 3L, le tissu est un peu bruyant et rigide au début.
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Prix : C’est un budget (450€), mais c’est le prix de la sécurité en haute montagne




